POUR MAXENCE...

 

 

 

 

Jeudi 20 janvier 2011

Maxence a votre âge, il est, comme vous, en 1ère.  Mardi, il s’est aspergé d’essence dans les toilettes de l’école, au 2ème étage et y a mis le feu. Il est ensuite descendu dans la cour en courant.  L’alarme incendie s’étant déclenchée, les élèves de 6ème avaient déjà été évacuées et étaient dans la cour.  Ils ont vu cette torche vivante… Inutile de vous dire qu’un soutien psychologique a été immédiatement mis en place.

Nous ne sommes pas très loin de cette école, avec laquelle nous organisons la soirée de la Chandeleur et la marche vers St Victor le 2 février prochain.  Cette tragédie aurait pu aussi bien se passer ici à Provence.  Des jeunes de notre école sont amis avec Maxence, Maxence qui aujourd’hui est dans un coma artificiel, entre la vie et la mort.  Il est brûlé à 70% et s’il s’en tire restera probablement aveugle.

Un tel acte de désespoir nous interroge : comment peut-on arriver à s’infliger à soi-même une telle violence ?  Comment peut-on avoir envie de crier ainsi à la face du monde un tel mal-être, un tel désespoir ?  On a parlé de racket, c’est d’ailleurs le thème des graffiti qui ornent depuis cette nuit les murs des écoles du 8ème arrondissement de Marseille. Je ne pense pas que ce soit vraiment le problème. On a parlé de la séparation de ses parents, de sa mère vivant à Paris, son père à Aix, et lui, seul, à Marseille  Nous sommes face à un appel au secours, inspiré par les actes extrêmes de manifestants en Tunisie.

Maxence, que pouvons-nous te dire ce soir ?  Que tu n’es pas seul, que tes parents t’aiment, que tu es entouré d’amis pour qui ton amitié est importante.  Tes professeurs, du moins certains, sûrement, ont une vraie attention pour toi.

 

Ami qui songerait à en finir avec la vie :

Ta vie n’est pas tienne.  Tu l’as reçue comme un cadeau.  N’en fais pas n’importe quoi.  Je comprends qu’au fond du ras-le-bol, tu aies voulu en finir avec cette vie qui ne t’apporte que souffrance.  Mais songe à ces moments où l’existence t’a paru légère, les moments où la beauté du monde t’a donné envie de danser.  Songe aussi à ceux qui t’aiment, même s’ils ne savent pas toujours te le dire.  Songe à tous les espoirs de bonheur qu’ils mettent en toi.  Tu as en toi plein de capacités de bonheur, de possibles, de choses à découvrir, à construire. Ne gâche pas ce cadeau.  On te fait confiance.

Et surtout, surtout, ne garde pas pour toi ta douleur, ton cri de désespoir.  Trouve quelqu’un avec qui en parler, écris, ne reste pas seul.  Car tu n’es pas le seul à vivre ou avoir vécu des moments où la vie semblait sans issue, inutile, vide, douloureuse.  Apprends à t’aimer, apprends à espérer.

Bonne route.

Agnès

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